L’hémorragie externe désigne un écoulement abondant de sang hors du corps, visible et accessible, résultant d’une rupture de vaisseau sanguin suite à un traumatisme. Cette situation d’urgence médicale nécessite une prise en charge immédiate par compression manuelle directe, enseignée dans la formation SST, pour limiter la perte de sang et prévenir le choc hypovolémique. Selon l’INRS, une hémorragie non contrôlée peut entraîner la mort en quelques minutes.
L’essentiel en bref :
- La compression manuelle directe sur la plaie constitue le geste prioritaire pour stopper le saignement
- Le garrot ne s’utilise qu’en dernier recours, sur membre inférieur ou supérieur, lorsque la compression échoue
- L’alerte des secours (15, 18, 112) doit être déclenchée immédiatement face à un écoulement sanguin abondant
Table des matières
Différenciation entre hémorragie interne et externe

L’hémorragie externe se caractérise par un sang qui s’écoule de manière visible à l’extérieur du corps, contrairement à l’hémorragie interne où le sang s’accumule à l’intérieur des organes ou tissus sans écoulement apparent. Cette distinction est cruciale pour la conduite à tenir.
L’hémorragie externe présente un écoulement rouge, continu et important, directement observable sur la zone blessée. Le sang peut jaillir (artère sectionnée) ou s’écouler de façon régulière (veine touchée). La plaie hémorragique reste accessible au sauveteur pour une intervention directe.
L’hémorragie interne, en revanche, ne montre aucun saignement visible. Elle se manifeste par des signes indirects : pâleur, sueur froide, accélération du rythme cardiaque, confusion, faiblesse progressive. Le sang perdu reste piégé dans l’organisme, rendant impossible toute action de compression externe.
L’hémorragie extériorisée constitue un type particulier : le sang s’écoule par un orifice naturel (nez, bouche, oreille) sans plaie visible. Cette situation peut masquer une hémorragie interne grave, notamment en cas de traumatisme crânien. Le diagnostic différentiel nécessite un avis médical systématique.
Les étapes pour arrêter une hémorragie externe
Étape 1 : sécuriser la scène et se protéger
Avant toute intervention, évaluez la situation pour éviter le suraccident. Portez des gants si disponibles pour limiter le contact avec le sang de la victime. Si la personne est consciente, expliquez-lui vos gestes pour la rassurer et maintenir son calme.
Étape 2 : compression manuelle directe
Appliquez immédiatement une pression directe sur la plaie avec un linge propre, un tissu propre ou votre main nue si aucun matériel n’est disponible. Cette compression doit être ferme, continue et maintenue sans relâchement. La pression exercée écrase les vaisseaux sanguins et favorise la coagulation sanguine naturelle.
Étape 3 : allonger la victime et surélever le membre
Installez la victime en position allongée pour prévenir la perte de connaissance liée à la chute de tension artérielle. Si possible, surélevez le membre blessé au-dessus du niveau du cœur pour réduire la pression artérielle locale et diminuer l’écoulement.
Étape 4 : poser un pansement compressif
Une fois le saignement ralenti, remplacez la compression manuelle par un pansement compressif stérile. Placez plusieurs compresses directement sur la plaie, puis fixez-les avec une bande élastique en maintenant une pression suffisante. Le bandage doit être serré mais pas au point de couper la circulation.
Étape 5 : poser un garrot en dernier recours
Si la compression reste inefficace après 10 minutes ou si la plaie est inaccessible, utilisez un garrot. Placez un lien large (minimum 5 cm) au-dessus de la plaie, sur le membre touché. Notez l’heure de pose sur la peau de la victime ou sur le garrot lui-même. Ne retirez jamais un garrot posé : seule l’équipe médicale peut le faire.
| Technique | Indication | Durée maximale | Efficacité |
|---|---|---|---|
| Compression manuelle directe | Première intention, toute hémorragie externe | Jusqu’à l’arrivée des secours | Majoritaire des cas |
| Pansement compressif | Relais de la compression manuelle | Jusqu’à prise en charge médicale | Très efficace |
| Garrot | Échec compression ou plaie inaccessible | Jusqu’à prise en charge médicale | Efficace mais risque ischémique |
| Point de compression à distance | Technique secondaire, rarement utilisée | Quelques minutes | Efficacité limitée |
Symptômes et signes cliniques de l’hémorragie externe
Signes locaux immédiats
Le sang qui s’écoule abondamment constitue le symptôme principal. L’écoulement peut être continu (veine) ou pulsatile (artère). La quantité de sang perdu s’évalue visuellement : une flaque importante ou un vêtement imbibé signale une hémorragie grave. La plaie peut contenir un corps étranger enfoncé qu’il ne faut jamais retirer.
Signes généraux du choc hémorragique
L’organisme réagit à la perte de sang par des mécanismes compensatoires. La victime présente une pâleur marquée, des sueurs froides, une accélération du rythme cardiaque (tachycardie). La pression artérielle chute progressivement, entraînant vertiges, faiblesse et confusion mentale.
L’état de choc hypovolémique survient lorsque le volume sanguin devient insuffisant. La personne présente une soif intense, une respiration rapide, des extrémités froides. Sans intervention, ce choc peut évoluer vers l’arrêt cardiaque.
Signes de gravité nécessitant une alerte immédiate
Certains symptômes signalent une urgence vitale :
– Perte de connaissance ou malaise important
– Saignement qui ne s’arrête pas malgré la compression
– Perte de sang abondante
– Plaie du cou, de l’aine ou de l’aisselle (gros vaisseaux)
– Fracture ouverte avec hémorragie associée
Prise en charge médicale et protocole d’urgence
Conduite à tenir par le secouriste
Alertez les secours (15, 18, 112) dès identification de l’hémorragie externe, avant même de débuter les gestes de premiers secours si possible. Transmettez aux services d’urgence : localisation précise, état de conscience de la victime, quantité de sang perdu estimée, gestes déjà effectués.
Pendant l’attente de l’arrivée des secours, maintenez la compression sans relâchement. Surveillez l’état de la victime : conscience, respiration, aspect de la peau. Couvrez la personne pour éviter l’hypothermie, facteur aggravant du choc. Ne donnez ni à boire ni à manger.
Intervention de l’équipe médicale
Les secours professionnels prennent le relais avec un matériel adapté. Ils posent une voie veineuse pour compenser la perte de sang par perfusion de solutés. En cas de choc hypovolémique sévère, une transfusion sanguine peut être nécessaire en milieu hospitalier.
L’intervention chirurgicale s’impose pour les plaies vasculaires importantes nécessitant une suture ou ligature d’artère. Le traitement définitif dépend de la cause : suture simple, réparation vasculaire, extraction de corps étranger sous contrôle, stabilisation de fracture ouverte.
Causes et contextes des hémorragies externes
Traumatismes accidentels
Les accidents de la voie publique, domestiques ou professionnels représentent la première cause. Une coupure profonde par objet tranchant (verre, couteau, machine) sectionne les vaisseaux sanguins. Les plaies par arrachement (accident de machine, morsure) provoquent des hémorragies massives. Les chutes avec fracture ouverte exposent l’os et rompent les vaisseaux adjacents.
Traumatismes crâniens et plaies spécifiques
Un choc violent à la tête peut entraîner une plaie du cuir chevelu, zone très vascularisée. Le saignement de nez (épistaxis) après traumatisme facial nécessite une surveillance pour éliminer une fracture. Les plaies du cou présentent un risque vital immédiat par atteinte des gros vaisseaux.
Complications médicales
Certaines maladies favorisent les hémorragies : troubles de la coagulation sanguine, traitement anticoagulant, hypertension artérielle mal contrôlée. Une rupture de vaisseau peut survenir spontanément sur une zone fragilisée. Les vomissements de sang ou le saignement par un orifice naturel signalent souvent une hémorragie interne secondaire.
Réaction adaptée face à une situation hémorragique
Évaluation initiale rapide
Approchez-vous de la victime en sécurisant votre environnement. Identifiez l’endroit qui saigne et évaluez l’abondance de l’écoulement. Vérifiez l’état de conscience en posant une question simple. Cette évaluation dure quelques secondes mais détermine la suite de votre action.
Adaptation selon le contexte
Si la victime est consciente et coopérante, demandez-lui de comprimer elle-même sa plaie pendant que vous alertez les secours. Pour une personne inconsciente qui saigne abondamment, priorisez la compression directe avant l’alerte, sauf si vous êtes plusieurs intervenants.
En cas de corps étranger enfoncé dans la plaie (couteau, morceau de verre), ne le retirez jamais. Exercez la pression autour de l’objet en le stabilisant. Le retrait provoquerait une aggravation brutale du saignement.
Gestion du stress et de l’urgence
Restez calme pour agir efficacement. Parlez à la victime d’une voix posée pour la rassurer et maintenir son état de conscience. Mobilisez les témoins : l’un alerte les secours pendant qu’un autre vous aide à maintenir la compression. Cette organisation optimise les chances de survie.
Protocole détaillé des gestes de premiers secours
Compression directe optimale
Placez un tissu propre (mouchoir, vêtement) sur la plaie. Appuyez fermement avec la paume de votre main, bras tendu pour utiliser le poids de votre corps. La pression doit être suffisante pour arrêter le saignement mais pas excessive au risque d’aggraver la blessure. Maintenez sans relâcher : chaque interruption relance l’écoulement.
Si le sang traverse le premier linge, ne le retirez pas : ajoutez d’autres épaisseurs par-dessus et augmentez la pression. Le retrait du premier tissu arracherait le caillot en formation et relancerait l’hémorragie.
Utilisation correcte du garrot
Le garrot ne s’utilise que sur un membre (bras, jambe), jamais sur le cou ou le tronc. Utilisez un lien large (ceinture, cravate pliée, bande triangulaire) pour éviter de couper les tissus. Placez-le entre la plaie et le cœur, sur une zone charnue.
Serrez jusqu’à l’arrêt complet du saignement. Notez l’heure de pose au marqueur sur la peau ou sur un papier fixé au garrot. Ne couvrez jamais un garrot : il doit rester visible pour l’équipe médicale. Le garrot doit être maintenu jusqu’à la prise en charge par les secours médicaux.
Pansement hémostatique en renfort
Les pansements hémostatiques (compresses imprégnées de produits favorisant la coagulation) constituent une aide précieuse. Appliquez-les directement sur la plaie avant la compression manuelle. Ces dispositifs médicaux, utilisés par les secouristes et les forces armées, accélèrent la formation du caillot.
Critères d’alerte et situations critiques
Hémorragies nécessitant une alerte immédiate
Composez le 15 (SAMU), 18 (pompiers) ou 112 (numéro d’urgence européen) sans délai face à :
– Un sang qui s’écoule abondamment malgré la compression
– Une perte de sang importante
– Une plaie située sur le cou, l’aine, l’aisselle ou le thorax
– Une victime qui perd connaissance ou présente des signes de choc
– Un saignement suite à un accident violent ou une chute importante
Mauvaise tolérance et aggravation
La victime qui présente une sueur froide, des vertiges croissants ou une confusion mentale bascule vers le choc hypovolémique. L’accélération du rythme cardiaque associée à une pâleur extrême signale une compensation insuffisante de la perte de sang. Ces signes imposent une surveillance renforcée en attendant l’arrivée de l’équipe médicale.
Cas particuliers nécessitant une formation spécifique
Certaines situations requièrent des compétences avancées : hémorragie chez un patient sous anticoagulant, saignement d’un enfant ou nourrisson, plaie par balle, hémorragie avec objet enfoncé de grande taille. La Formation SST enseigne ces protocoles adaptés.
Conclusion
L’hémorragie externe constitue une urgence vitale nécessitant une réaction immédiate et méthodique. La compression manuelle directe, geste simple mais efficace, permet de stopper la majorité des saignements en attendant l’intervention des secours. Le garrot, solution de dernier recours, sauve des vies lorsque la compression échoue mais nécessite une pose rigoureuse. La rapidité d’action, la qualité de la compression et l’alerte précoce déterminent le pronostic vital. Face au sang qui s’écoule, chaque seconde compte : la formation aux premiers secours transforme un témoin en acteur capable de sauver une vie.
FAQ
Le saignement désigne tout écoulement de sang, quelle que soit son importance. L’hémorragie qualifie un saignement abondant, continu, mettant en jeu le pronostic vital par perte importante de volume sanguin. Un petit saignement de nez n’est pas une hémorragie, contrairement à une plaie artérielle qui écoule du sang en jet.
Non, le sac plastique ne permet pas une compression efficace et présente un risque d’étouffement. Utilisez un linge propre, un vêtement ou votre main nue. En milieu professionnel, les pansements compressifs stériles constituent le matériel adapté. Pour approfondir les protocoles d’urgence, consultez notre guide sur la trousse de secours SST.
Non, en cas d’hémorragie externe, la priorité absolue est d’arrêter le saignement. Le nettoyage de la plaie interviendra lors de la prise en charge médicale. Toute perte de temps aggrave le choc hypovolémique. Comprimez immédiatement, même si la plaie contient de la terre ou des débris.
Maintenez la compression jusqu’à l’arrivée des secours, sans limite de durée. En pratique, une compression de 10 à 20 minutes suffit généralement pour former un caillot solide. Si vos bras fatiguent, demandez à un témoin de prendre le relais en maintenant exactement la même pression au même endroit.
Continuez la compression d’une main tout en vérifiant la respiration. Si la victime respire, maintenez-la allongée sur le dos avec la compression active. Si elle ne respire plus, alertez immédiatement les secours et débutez les manœuvres de réanimation tout en tentant de maintenir une compression si possible. Cette situation critique nécessite une formation aux gestes de premiers secours.