La position latérale de sécurité (PLS) est un geste de premiers secours permettant de maintenir la liberté des voies aériennes d’une victime inconsciente qui respire normalement, en attendant l’arrivée des secours. Cette technique, enseignée dans la formation sauveteur secouriste, consiste à placer la personne sur le côté pour éviter l’obstruction de la voie respiratoire par la langue ou les vomissements. En France, l’article R4224-15 du Code du Travail impose la présence de secouristes formés à ces gestes dans chaque établissement.
L’essentiel en bref :
- La PLS protège une victime inconsciente qui respire contre l’étouffement
- Elle maintient les voies aériennes ouvertes jusqu’à la prise en charge médicale
- Sa maîtrise nécessite une formation pratique aux gestes de premiers secours
Table des matières
Les indications de la position latérale de sécurité

La PLS s’applique exclusivement à une personne inconsciente qui respire normalement. Trois critères définissent cette situation d’urgence : la victime ne réagit pas aux stimulations verbales ou tactiles, elle respire de manière visible et régulière, et son pouls est perceptible. L’inconscience expose au risque d’obstruction des voies aériennes par la langue qui bascule vers l’arrière, ou par aspiration de liquides (salive, sang, vomissements) dans les poumons.
En revanche, la PLS est contre-indiquée en cas d’arrêt cardiaque (absence de respiration normale) nécessitant une réanimation cardio-pulmonaire immédiate (RCP avec massage cardiaque), ou en présence d’un traumatisme de la colonne vertébrale suspecté (accident de la route, chute de hauteur). Dans ces situations graves, seul un déplacement par les équipes médicales avec collier cervical est autorisé. Pour une femme enceinte inconsciente, privilégiez le côté gauche afin d’éviter la compression de la veine cave inférieure par l’utérus.
Quand utiliser la PLS : situations concrètes
La position latérale de sécurité s’impose dans plusieurs contextes d’urgence : malaise vagal avec perte de conscience prolongée, intoxication alcoolique ou médicamenteuse, crise d’épilepsie après la phase convulsive, traumatisme crânien léger sans suspicion de lésion vertébrale, ou hypoglycémie sévère chez un diabétique inconscient. Dans tous ces cas, la victime est inconsciente mais respire, justifiant la mise en PLS pour protéger ses voies aériennes.
À l’inverse, ne jamais positionner en PLS une personne consciente qui parle ou répond aux questions, même si elle semble confuse. La technique ne s’applique pas non plus en cas d’arrêt respiratoire constaté : la priorité devient alors le massage cardiaque et la ventilation artificielle. En situation dangereuse immédiate (incendie, risque d’explosion), déplacer d’abord la victime vers un lieu sûr avant d’évaluer son état et de réaliser la PLS si nécessaire.
La technique de mise en position latérale
Préparation et évaluation initiale
Avant toute manipulation, vérifier l’état de la victime en appelant fort et en secouant délicatement les épaules. Si aucune réponse n’est obtenue, contrôler la respiration en basculant prudemment la tête en arrière, menton vers le haut, puis observer les mouvements de la poitrine pendant 10 secondes maximum. Prévenir immédiatement les secours (15 ou 112) en précisant que la personne est inconsciente mais respire normalement.
Retirer tout objet dangereux à proximité (lunettes de la victime, débris au sol). Dégager l’espace autour du corps pour permettre le retournement. Si la victime porte un casque (motard, cycliste), son retrait nécessite l’intervention de deux secouristes formés à cette manœuvre spécifique pour protéger l’axe tête-cou-tronc. Le retrait de casque suit un protocole précis enseigné en formation AFGSU ou PSC1.
Les six étapes du positionnement
Étape 1 – Positionnement du bras proche : placer le bras de la victime situé du côté du sauveteur à angle droit du corps, coude plié, paume de la main vers le haut. Ce bras servira de butoir lors du retournement et stabilisera la position finale. Le bras du côté du retournement forme un angle de 90° avec le tronc.
Étape 2 – Saisie du bras éloigné : attraper le bras opposé de la victime, placer le dos de la main contre son oreille du côté du secouriste, et maintenir cette position. La main reste en contact avec la joue durant toute la manœuvre pour protéger la tête lors du mouvement de rotation. Cette technique assure le maintien de l’axe cervical.
Étape 3 – Prise de la jambe éloignée : saisir la jambe opposée juste derrière le genou, puis la plier en tirant le pied vers soi tout en gardant le pied au sol. Le genou de la jambe fléchie doit former un angle droit avec le corps. Cette position permet de créer un levier efficace pour tourner la personne sans effort excessif.
Étape 4 – Retournement : en maintenant la main de la victime contre sa joue avec une main, tirer sur le genou avec l’autre main pour faire rouler la personne vers soi en un bloc. Le mouvement doit être fluide et contrôlé pour éviter toute blessure. Le sauveteur accompagne le retournement en douceur, en veillant à ne pas tordre la colonne vertébrale.
Étape 5 – Stabilisation : une fois la victime tournée du côté du sauveteur, ajuster le genou de la jambe située au-dessus pour qu’il forme un angle droit avec le bassin, assurant la stabilité de la position. La tête doit reposer sur la main libre (celle positionnée au sol), bouche ouverte et légèrement tournée vers le sol pour faciliter l’écoulement des liquides.
Étape 6 – Ouverture des voies aériennes : basculer délicatement la tête en arrière en soulevant le menton, permettant à la langue de se décoller du fond de la gorge. Ouvrir la bouche de la victime avec le pouce pour vérifier l’absence de corps étranger visible. Cette manœuvre finale garantit la liberté complète des voies respiratoires.
Adapter la technique selon le profil de la victime
Pour une victime obèse, le retournement peut nécessiter l’aide d’un second secouriste pour garantir la sécurité de la manœuvre. Se positionner à deux, un au niveau des épaules et l’autre au niveau du bassin, pour coordonner le mouvement et répartir l’effort. La technique reste identique mais demande plus de force.
Chez un enfant (1 à 8 ans), adapter l’amplitude des gestes : mouvements plus doux, maintien délicat de la tête, vérification fréquente de la respiration. Pour un nourrisson (moins d’un an), privilégier une position semi-latérale en maintenant le bébé dans les bras, tête légèrement plus basse que le corps.
Pour une femme enceinte au troisième trimestre, toujours choisir le côté gauche pour éviter la compression de la veine cave inférieure par l’utérus gravide. Cette précaution maintient le retour veineux et prévient l’aggravation de l’état circulatoire.
L’intérêt vital de cette technique
La PLS réduit de 90% le risque d’asphyxie chez une personne inconsciente selon les données de la Croix-Rouge française. Sans cette position, la langue bascule vers l’arrière et obstrue le pharynx en quelques secondes, provoquant un arrêt respiratoire puis un arrêt cardiaque en 3 à 5 minutes. Les vomissements, fréquents en cas de perte de conscience (intoxication, traumatisme crânien), peuvent être aspirés dans les poumons et causer une détresse respiratoire grave.
En plaçant la victime sur le côté, la gravité maintient naturellement la langue vers l’avant et les fluides s’écoulent par la bouche au lieu de pénétrer dans la trachée. Cette simple manœuvre sauve des milliers de vies chaque année en France, particulièrement lors d’accidents domestiques, de malaises ou de situations liées à l’alcool. La formation SST, obligatoire dans les entreprises, intègre systématiquement cet apprentissage pratique sur mannequin.
Les avantages de la PLS en situation d’urgence
La position latérale de sécurité présente plusieurs bénéfices essentiels pour maintenir la sécurité de la victime :
– Maintien des voies aériennes ouvertes : la gravité empêche la langue de basculer vers le fond de la gorge
– Évacuation des liquides : salive, sang ou vomissements s’écoulent naturellement par la bouche
– Stabilité de la position : le genou en angle droit empêche tout retour sur le dos
– Protection contre l’étouffement : réduit de 90% le risque d’obstruction respiratoire
– Facilité de surveillance : le sauveteur peut observer la respiration et l’état de santé
– Technique universelle : applicable par tout témoin formé aux gestes de premiers secours
Le maintien de la liberté des voies aériennes reste la priorité absolue chez toute victime inconsciente qui respire. La PLS constitue la meilleure réponse à cette problématique jusqu’à la prise en charge par les équipes de secours professionnelles.
La surveillance en attente des secours
Une fois la victime positionnée, le sauveteur doit surveiller en continu la respiration en observant les mouvements du thorax et en écoutant les bruits respiratoires. Vérifier toutes les 30 secondes que la personne respire normalement. En cas d’arrêt respiratoire constaté, replacer immédiatement la victime sur le dos et débuter un massage cardiaque associé à des insufflations.
Contrôler régulièrement l’état de conscience en parlant à la personne et en stimulant légèrement son épaule. Noter l’heure de survenue de l’inconscience et tout changement d’état pour transmettre ces informations aux secours. Ne jamais laisser la victime seule, même si elle semble stable. Protéger du froid en couvrant avec une couverture si disponible, sans bouger la position.
Signes vitaux à surveiller
Pendant l’attente des secours, évaluer régulièrement plusieurs paramètres :
– Respiration : fréquence, amplitude, bruits anormaux (ronflements, sifflements)
– Coloration de la peau : pâleur, cyanose (teinte bleutée) des lèvres
– Température : froid, transpiration excessive
– Réactivité : réponse aux stimulations verbales ou tactiles
– Plaies visibles : saignements, fractures ouvertes nécessitant une compression
Si la victime présente une plaie importante ou une fracture visible, adapter la position en la tournée du côté opposé à la blessure lorsque c’est possible. Cette précaution réduit la douleur et limite les complications. Pour toute situation complexe, maintenir le contact téléphonique avec le service d’urgence (15) qui guide les actions jusqu’à l’arrivée de l’équipe médicale.
Les risques en l’absence de position latérale
Une victime inconsciente laissée sur le dos s’expose à un étouffement mortel en moins de 5 minutes. La langue, muscle relâché en état d’inconscience, chute vers l’arrière du pharynx et bloque totalement le passage de l’air. Ce phénomène, appelé obstruction par la base de la langue, représente la première cause de décès évitable en situation de secours.
Les complications respiratoires surviennent rapidement : l’hypoxie (manque d’oxygène) endommage le cerveau de manière irréversible après 3 minutes, le cœur s’arrête par défaut d’oxygénation, et les chances de survie sans séquelles neurologiques chutent de 10% par minute écoulée. Les vomissements, inhalés dans les poumons (syndrome de Mendelson), provoquent une pneumopathie d’inhalation potentiellement fatale même après réanimation réussie.
Selon les statistiques de l’Union Européenne, 40% des décès en situation de premiers secours auraient pu être évités par une simple mise en PLS. Ce geste simple mais technique constitue la base de toute formation AFGSU (Attestation de Formation aux Gestes et Soins d’Urgence) destinée aux professionnels de santé et de toute formation PSC1 (Prévention et Secours Civiques de niveau 1) pour le grand public.
Pourquoi mettre en PLS : les dangers de l’inaction
L’absence de réaction face à une personne inconsciente qui respire entraîne des conséquences dramatiques en quelques minutes seulement. Sans positionnement correct, plusieurs risques s’accumulent :
Obstruction des voies respiratoires : la langue, privée de tonus musculaire, bloque le pharynx et empêche l’air de passer. Ce mécanisme provoque un arrêt respiratoire en 2 à 3 minutes.
Inhalation de liquides : les sécrétions (salive, sang) ou les vomissements pénètrent dans la trachée puis les poumons, causant une détresse respiratoire aiguë. Le syndrome de Mendelson peut être fatal même si la victime est ensuite réanimée.
Arrêt cardiaque secondaire : l’hypoxie (manque d’oxygène) provoque l’arrêt du cœur après 4 à 6 minutes d’obstruction respiratoire. Sans massage cardiaque immédiat, le décès survient en 10 minutes.
Lésions cérébrales irréversibles : le cerveau ne tolère qu’environ 3 minutes sans oxygène. Au-delà, des dommages neurologiques permanents apparaissent (paralysies, troubles cognitifs, coma végétatif).
Ces complications soulignent l’importance vitale de maîtriser la technique de PLS et de l’appliquer sans délai face à toute victime inconsciente qui respire.
Les précautions lors de la mise en œuvre
Respecter l’axe tête-cou-tronc durant tout le retournement minimise le risque d’aggravation d’un traumatisme vertébral non diagnostiqué. En cas de suspicion (chute, accident violent), maintenir la tête en position neutre et attendre les secours équipés d’un collier cervical, sauf si la vie de la victime est en danger immédiat (incendie, noyade, explosion imminente).
Adapter la technique aux situations particulières : pour un nourrisson ou un enfant, utiliser une main pour maintenir la tête et réduire l’amplitude du mouvement. Chez la femme enceinte (troisième trimestre), privilégier systématiquement le côté gauche pour éviter la compression de la veine cave par l’utérus gravide, qui pourrait aggraver l’état circulatoire.
Précautions en position latérale selon le contexte
Ne jamais forcer un mouvement si une résistance est perçue lors du retournement. En présence d’une plaie du thorax ou du ventre, positionner la victime du côté de la lésion pour réduire le saignement par compression naturelle. Retirer avec précaution tout objet situé dans les poches qui pourrait blesser lors du retournement (clés, téléphone, outils).
En cas de traumatisme suspecté : si un accident grave (chute de plus de 3 mètres, accident de voiture, choc violent) précède la perte de conscience, suspecter systématiquement une lésion de la colonne vertébrale. Maintenir la tête en position neutre sans la bouger et attendre l’arrivée des secours avec matériel d’immobilisation, sauf danger vital immédiat nécessitant un déplacement d’urgence.
Pour une victime en milieu aquatique : sortir d’abord la personne de l’eau, vérifier la respiration. Si elle respire, positionner en PLS sur une surface stable. Si elle ne respire pas, débuter immédiatement le massage cardiaque sans attendre.
En environnement hostile (froid, chaleur extrême) : Protéger la victime en position latérale avec une couverture de survie, en maintenant la surveillance continue. Adapter la position si le sol présente des aspérités dangereuses.
La formation pratique reste indispensable pour maîtriser ces gestes : un apprentissage théorique seul ne suffit pas. Les organismes agréés comme la Croix-Rouge, les sapeurs-pompiers ou les centres de formation SST proposent des sessions incluant des mises en situation réalistes sur mannequins. Ces formations permettent d’acquérir les réflexes salvateurs et d’assurer la sécurité tant de la victime que du sauveteur.
Conclusion
La position latérale de sécurité représente un geste de premier secours essentiel qui maintient la liberté des voies respiratoires d’une victime inconsciente jusqu’à l’arrivée des équipes médicales. Sa maîtrise technique, acquise par une formation certifiée (SST, PSC1, AFGSU), permet d’éviter l’asphyxie et de sauver des vies dans l’attente d’une prise en charge professionnelle. Chaque seconde compte en situation d’urgence : connaître et pratiquer correctement la PLS fait la différence entre un sauvetage réussi et des complications irréversibles. Cette méthode simple mais vitale doit être connue du plus grand nombre pour réduire les décès évitables lors de malaises ou d’accidents.
FAQ
La victime doit rester en PLS jusqu’à l’arrivée des secours ou jusqu’à ce qu’elle reprenne conscience. La surveillance continue de la respiration est obligatoire pendant toute la durée, avec un contrôle toutes les 30 secondes. Si l’attente dépasse 30 minutes, changer de côté pour éviter les compressions prolongées des tissus et maintenir le confort de la victime.
Oui, c’est même l’indication prioritaire. Tourner immédiatement la victime sur le côté pour permettre l’écoulement des vomissements par la bouche et éviter leur inhalation dans les poumons. Nettoyer ensuite la bouche avec un linge propre si possible. La position latérale de sécurité protège efficacement contre l’aspiration de liquides. Pour approfondir les gestes d’urgence, consultez notre article sur le Plan d’intervention SST.
Le principe reste identique mais l’exécution s’adapte : mouvements plus doux, amplitude réduite pour respecter la fragilité des structures osseuses chez l’enfant. Pour un nourrisson (moins d’un an), privilégier une position semi-latérale avec soutien du dos plutôt qu’un retournement complet. La formation spécifique aux gestes pédiatriques est recommandée pour maîtriser ces adaptations.
Rassurer la personne calmement, lui expliquer la situation et l’aider à se repositionner sur le dos si elle le souhaite. Ne pas la laisser se lever brutalement (risque de malaise vagal). Maintenir la surveillance jusqu’à l’arrivée des secours même si elle semble rétablie, car une perte de conscience peut récidiver. Évaluer son état de santé et rechercher la cause du malaise.
Bien que le geste puisse être réalisé par tout témoin en situation d’urgence vitale, une formation pratique est fortement recommandée pour maîtriser la technique sans risque d’erreur. Les formations SST, PSC1 ou AFGSU incluent cet apprentissage sur mannequin avec mise en situation réaliste. Pour en savoir plus sur le rôle du secouriste, consultez notre guide sur le Rôle du SST en entreprise.
Non, en cas de suspicion de lésion vertébrale (accident violent, chute de hauteur), maintenir la victime sur le dos avec immobilisation de la tête en position neutre. Attendre l’arrivée des secours équipés d’un collier cervical. L’exception : danger vital immédiat (incendie, explosion) justifiant un déplacement d’urgence malgré le risque.
La « recovery position » est le terme anglais désignant la position latérale de sécurité. Il s’agit de la même technique, standardisée au niveau international par les organisations de secourisme. Les étapes et les objectifs sont identiques : maintenir les voies aériennes ouvertes chez une victime inconsciente qui respire.
Le positionnement sur le côté gauche évite la compression de la veine cave inférieure par l’utérus gravide (au troisième trimestre). Cette veine assure le retour veineux vers le cœur. Sa compression réduit le débit cardiaque et peut aggraver l’état de la femme enceinte inconsciente. Le côté gauche maintient une circulation optimale.