Accueil > Guides Habilitations Électriques > Quelle section de câble pour borne de recharge ?

Quelle section de câble pour borne de recharge ?

IRVE

La section de câble pour une borne de recharge dépend de trois facteurs : la puissance de la borne (3,7 kW à 22 kW), la distance entre le tableau électrique et le point de raccordement, et le type de courant (monophasé ou triphasé). Pour une borne domestique de 7,4 kW en monophasé, la section minimale est de 6 mm² sur moins de 15 mètres et de 10 mm² au-delà. Cette information est essentielle pour tout propriétaire de voiture électrique souhaitant recharger à domicile. Les installateurs formés via la formation IRVE maîtrisent le calcul de dimensionnement selon la norme NF C 15-100-7-722 et les contraintes de chute de tension.

Ce qu’il faut retenir :

– La section varie de 2,5 mm² (prise renforcée 3,7 kW) à 25 mm² (borne 22 kW sur longue distance), selon la puissance et la longueur du câble

– La chute de tension ne doit pas dépasser 5 % (recommandation professionnelle : 3 %) sur le circuit dédié, conformément à la NF C 15-100

– Depuis septembre 2025, la norme NF C 15-100-7-722 impose un circuit spécialisé avec disjoncteur dédié et protection différentielle 30 mA par point de recharge

Les sections de câble selon la puissance de la borne

Section de câble cuivre 10 mm² tiré dans une gaine pour raccorder une borne de recharge murale

La section du câble d’alimentation se choisit en fonction de l’intensité maximale supportée par le circuit électrique. Les câbles pour borne se déclinent en plusieurs sections : chaque type de borne correspond à un calibre de disjoncteur et une section minimale en mm² de cuivre. Il faut prendre en compte la relation entre la puissance de charge souhaitée et le réseau électrique disponible à la maison.

Pour une prise renforcée de type Green’Up à 3,7 kW (aussi appelée prise domestique renforcée), le courant est de 16 A en monophasée. Un câble de 2,5 mm² suffit avec un disjoncteur 20 A courbe C. Cette puissance convient aux véhicules hybrides rechargeables, dont la batterie plus petite se recharge en quelques heures. Pour une charge rapide, une borne de puissance supérieure avec la section recommandée associée sera préférable. Le câble de recharge rapide en courant continu (DC) ne concerne que les bornes publiques et n’est pas traité ici.

Une wallbox de 7,4 kW tire 32 A en monophasé. La section minimale passe à 6 mm² pour les distances inférieures à 15 mètres. Au-delà, le passage en 10 mm² devient obligatoire pour respecter la limite de chute de tension. Le disjoncteur associé est un 40 A courbe C. La plupart des wallbox du marché sont livrées avec un câble de recharge court côté véhicule ; c’est le câble pour borne — celui qui relie le tableau à la wallbox — qu’il faut dimensionner avec soin.

En triphasé, une borne de 11 kW répartit la charge sur trois phases à 16 A chacune avec un courant triphasé équilibré. Un câble triphasé 5G2,5 ou 5G6 mm² couvre la plupart des configurations résidentielles, avec un disjoncteur tétrapolaire 20 A. Pour une borne IRVE de 22 kW (32 A par phase), la norme exige un câble minimum de 10 mm² en 5 conducteurs, protégé par un disjoncteur adapté.

PuissanceTypeIntensitéSection min.Section si > 25 mDisjoncteur
3,7 kWMono 230 V16 A2,5 mm²6 mm²20 A courbe C
7,4 kWMono 230 V32 A6 mm²10-16 mm²40 A courbe C
11 kWTri 400 V16 A/phase2,5-6 mm²10 mm²20 A tétra
22 kWTri 400 V32 A/phase10 mm²16-25 mm²40 A tétra

Le calcul de chute de tension, facteur déterminant du câblage

Le calcul de section du câble ne se limite pas au tableau de puissances : la distance entre le tableau électrique et la borne influence directement le résultat. Pour choisir la bonne section, il faut vérifier qu’un câble trop long ne provoque pas une chute de tension qui réduit la puissance de charge effective.

La formule de calcul en monophasé est : ΔU = 2 × L × I × R, où L est la longueur en mètres, I l’intensité en ampères et R la résistance linéique du conducteur (3,08 mΩ/m pour du 6 mm2 cuivre, 1,83 mΩ/m pour du 10 mm2). En triphasé, le coefficient 2 est remplacé par √3. La NF C 15-100 fixe une chute de tension maximale de 5 %. En pratique, les professionnels dimensionnent à 3 % maximum pour conserver une marge de sécurité.

Un piège fréquent concerne le facteur de puissance (cos phi). Les abaques standards utilisent cos phi = 0,8, ce qui sous-estime la chute réelle sur une borne de recharge électrique. Les bornes AC modernes ont un cos phi de 0,95 à 0,99. Le dimensionnement doit donc se faire avec cos phi = 1 pour rester du côté de la sécurité. Un schéma électrique complet aide à visualiser le circuit depuis le compteur jusqu’à la borne.

Section câbleRésistance linéiqueChute à 20 mChute à 30 mLongueur max (3 %)
6 mm²3,08 mΩ/m1,71 %2,57 %~35 m
10 mm²1,83 mΩ/m1,02 %1,53 %~59 m
16 mm²1,15 mΩ/m0,64 %0,96 %~94 m
25 mm²0,73 mΩ/m0,41 %0,61 %~148 m

Pour les bornes de recharge en triphasé 400 V, les longueurs admissibles augmentent d’environ 70 % à section égale. En copropriété, les distances entre le tableau général basse tension (TGBT) et les places de parking dépassent régulièrement 30 mètres. Le copropriétaire peut demander l’accès au réseau collectif grâce au droit à la prise (décret n° 2020-1720). Le branchement nécessite un câble de section adaptée à la distance et un compteur individuel pour la facturation de l’électricité. Un électricien certifié IRVE vérifie la conformité aux exigences de la NF C 15-100 et le raccordement du stockage éventuel (batterie domestique).

Maîtrisez le câblage et les normes d’installation IRVE

Découvrir la formation IRVE →

Le choix du type de câble et le mode de pose

Le câble standard pour une installation de borne de recharge est le U1000 R2V en cuivre : 3G pour le monophasé (phase, neutre, terre) et 5G pour le triphasé. Sa qualité d’isolation PVC le rend adapté à la pose intérieure et extérieure sous gaine. Attention : la norme parle de section (en mm²) et non de diamètre de câble — une confusion fréquente. Le mode de pose conditionne l’intensité admissible : en pose encastrée (méthode B1), le câble supporte moins de courant qu’en pose apparente sur chemin de câbles (méthode E). Pour une borne de recharge à domicile, la pose en apparent reste la solution la plus simple. Pour les normes d’installation complètes, chaque mode de pose correspond à un coefficient de correction.

Le câble H07RN-F est une alternative souple pour le milieu industriel, avec une meilleure durée de vie en environnement exposé mais un coût supérieur.

Pour déterminer la section adaptée, trois paramètres comptent : la puissance, la distance et le mode de pose. Le connecteur de type 2 (ou connecteur combo CCS pour la charge DC) côté véhicule n’influence pas le choix du câble d’alimentation fixe. Les véhicules hybrides rechargeables tirent généralement moins de courant (3,7 kW) qu’un véhicule 100 % électrique.

Protections électriques et infrastructure de recharge selon la NF C 15-100-7-722

Depuis le 1ᵉʳ septembre 2025, la norme NF C 15-100-7-722 régit l’installation d’une borne et toute infrastructure de recharge neuve pour véhicules électriques. Chaque point de recharge (point de charge) exige un circuit électrique dédié avec protection différentielle 30 mA.

En monophasé, la protection doit être de type A ou type F. En triphasé, un DDR de type B est obligatoire : le chargeur embarqué convertit le courant alternatif du réseau en courant continu pour la batterie, et un différentiel classique (type A) ne détecte pas les fuites DC. L’installation de la borne et son branchement au réseau nécessitent un raccordement conforme au Consuel. Un installateur certifié IRVE est obligatoire pour toute borne supérieure à 3,7 kW (décret du 12 janvier 2017).

La sélectivité des protections est un point souvent négligé. Si le différentiel de la borne et celui du tableau principal (l’interrupteur différentiel) sont du même calibre, un défaut sur la borne peut couper l’alimentation de toute la maison. Le choix d’un différentiel sélectif en tête de tableau évite ce problème.

Impact sur le câblage : borne connectée et recharge solaire

Les bornes connectées (wallbox intelligente) avec délestage dynamique modulent la puissance de charge en temps réel. Ce pilotage n’allège pas le dimensionnement du câble : la section doit toujours être calculée pour la puissance de charge maximale de la borne, même si le délestage réduit la consommation effective.

En couplage avec des panneaux solaires, le câblage entre l’onduleur, le tableau et la borne doit supporter la puissance maximale injectable (3 à 9 kWc). Le stockage de l’excédent solaire dans une batterie domestique nécessite un câblage dédié entre l’onduleur et le dispositif de stockage. Le gestionnaire d’énergie adapte la vitesse de recharge de la voiture en fonction de la production photovoltaïque, mais le câble doit être dimensionné pour le cas le plus défavorable — recharge à pleine puissance sans production solaire. Pour comprendre les différences de puissance, notre article sur la différence entre kW et kWh clarifie ces notions.

L’essentiel pour bien dimensionner

Trois règles simples : mesurer la distance réelle entre le tableau et la borne, choisir la section en fonction de la puissance et de la longueur à l’aide du tableau de référence, et prévoir la section supérieure en cas de doute. Un devis auprès d’un électricien qualifié IRVE permet de valider le choix technique et la conformité Consuel.

FAQ

Quelle section de câble pour une borne de recharge 7 kW ?

Pour une borne de 7,4 kW en monophasé (32 A), la section minimale est de 6 mm² pour moins de 15 mètres. Au-delà, il faut passer en 10 mm² pour limiter la chute de tension à 3 %. Si la longueur dépasse 30 mètres, une section de 16 mm² garantit une alimentation stable. Avant de choisir une borne ou une prise renforcée, consultez notre comparatif prise renforcée ou borne de recharge.

Faut-il un câble monophasé ou triphasé pour sa borne ?

Le choix dépend du compteur et de la puissance souhaitée. En monophasé (6-12 kVA), les câbles de recharge alimentent une borne jusqu’à 7,4 kW. Pour les bornes de 11 ou 22 kW, un raccordement triphasé est nécessaire avec un câble à 5 conducteurs, conformément à la norme NF C 15-100. Il faut aussi tenir compte de la batterie de la voiture électrique : un chargeur embarqué monophasé ne tirera que 7,4 kW même sur une borne connectée triphasée.

Quel disjoncteur installer pour protéger la borne de recharge ?

Le calibre du disjoncteur dépend de la puissance de recharge : 20 A courbe C pour 3,7 kW ou 11 kW triphasé, et 40 A courbe C pour 7,4 kW monophasé ou 22 kW triphasé. Une protection différentielle 30 mA de type A (monophasé) ou type B (triphasé) est obligatoire selon la norme NF C 15-100-7-722.

Peut-on installer soi-même le câble de sa borne de recharge ?

Le particulier peut préparer le passage de câbles (saignées, gaines) mais le raccordement et la mise en service de la recharge relèvent d’un professionnel certifié IRVE. Pour installer une borne de recharge de puissance supérieure à 3,7 kW, cette qualification est obligatoire et l’installation électrique doit être conforme au Consuel.

Combien coûte le câblage pour une borne de recharge à domicile ?

Le câble R2V coûte de 3 à 15 € par mètre selon la section (6 mm² à 25 mm²). Pour une installation standard de 15 mètres en 10 mm², l’achat du câble représente 80 à 120 €. Le tarif total (câble, protection, pose, mise en service) oscille entre 500 et 1 500 € selon la complexité du chantier — moins cher en maison individuelle qu’en copropriété où les distances sont plus longues. Faire appel à un électricien IRVE qualifié est obligatoire au-delà de 3,7 kW. Un crédit d’impôt de 75 % plafonné à 500 € est accessible : la facture de l’installateur sert de justificatif. Le raccordement au réseau EDF ou autre fournisseur peut entraîner un surcoût si le compteur nécessite un passage en triphasé. Demander un devis à plusieurs installateurs permet de déterminer la meilleure option et de comparer les offres.