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Devenir installateur de borne de recharge : tout savoir sur la qualification IRVE

IRVE

Les demandes d’installation de points de charge se multiplient, que ce soit en maison individuelle, en habiltat collectif, en entreprise ou sur la voirie publique. Pour l’électricien, l’accès à ce marché réglementé passe nécessairement par une qualification IRVE reconnue. Elle permet de garantir les compétences techniques requises pour poser des bornes supérieures à 3,7 kW en toute conformité.

Dans cet article, nous détaillons tout ce que vous devez savoir pour devenir un installateur certifié : des niveaux de formation aux démarches de qualification. Découvrez les étapes clés pour réussir votre projet.

En résumé : La qualification IRVE est obligatoire pour tout électricien souhaitant installer des bornes de recharge supérieures à 3,7 kW. Elle s’obtient après une formation IRVE spécifique (niveau P1, P2,P3, MA1, MA2) et permet à une entreprise ou uun indépendant d’être reconnu comme installateur qualifié. C’est une opportunité pour les professionnels du secteur électrique souhaitant se positionner sur un marché en pleine croissance porté par la transition énergétique et écologique

Qu’est-ce que la Qualification IRVE ?

Formation IRVE devenir installateur de borne de recherche électrique

La qualification IRVE garantit aux clients que son installateur dispose des compétences techniques et réglementaire pour assurer la pose des équipements (depuis l’analyse de l’installation électrique existante jusqu’à la mise en service), mais aussi d’assurer leur maintenance et leur exploitation en toute sécurité.

Depuis le décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017, suivi de l’arrêté du 27 octobre 2021, la qualification est obligatoire pour la pose de tout point de recharge d’une puissance supérieure à 3,7 kW. Cette réglementation s’impose pour des raisons de sécurité : charger un véhicule électrique sollicite le réseau électrique de manière intensive et continue pendant plusieurs heures. Une mise en œuvre défaillante présente des risques majeurs d’échauffement ou d’incendie.

Cette formation ne se limite pas à la pose d’une prise : elle englobe l’étude de conception de l’installation électrique, le dimensionnement de la puissance, la mise en conformité et, souvent, la configuration de bornes communicantes. Plus spécifiquement, elle conditionne la procédure administrative : seul un installateur qualifié est autorisé à remplir et signer l’attestation de conformité pour la soumettre au Consuel.

Une fois le dossier instruit et validé (avec visite éventuelle), le Consuel délivre son visa. Ce document est indispensable pour que le client final (particulier ou entreprise) bénéficie des aides financières de l’État, comme la prime Advenir ou le crédit d’impôt.

Le métier d’installateur IRVE : rôle et salaire

Pictogramme d'un installateur de borne IRVE

Un installateur de bornes est un électricien certifié, expert dans les infrastructures de recharge pour véhicules électriques (IRVE). Ce métier ne se limite pas à la pose, il englobe le conseil client, l’étude de dimensionnement et la maintenance.

Quel est le salaire d’un installateur IRVE ?

La rémunération d’un technicien IRVE est attractive compte tenu de l’objectif national de 400 000 bornes d’ici 2030 (Sources : Kolverr, Make-your-job).

  • Salarié débutant : environ 1 900 € jusqu’à 2 300 € net/mois, selon la région et le niveau de qualification (P1/P2).
  • Technicien expert (niveau P3) : la rémunération peut atteindre 2 800 € à 3 500 € net/mois pour les profils maîtrisant la charge rapide DC et la HTA.
  • Artisan installateur (compte propre) : pour une installation standard chez un particulier (facturée entre 1 200 et 1 800 € TTC pose comprise), la marge main-d’œuvre est significative. Avec 2 à 3 installations par semaine, le chiffre d’affaires grimpe rapidement. De plus, la qualification permet d’appliquer la TVA à 5,5% et de faire bénéficier vos clients du crédit d’impôt, facilitant la signature des devis.

Pour exercer, ce technicien doit impérativement disposer d’une qualification d’électricien de base et être à jour de ses habilitations électriques (notamment B1V, B2V, BR, BC). Sa présence dans la société est la condition nécessaire pour que cette dernière obtienne la mention officielle auprès de Qualifelec, de l’AFNOR ou de Qualit’EnR.

Les 3 niveaux de qualification : P1, P2 et P3

Niveaux de qualifications IRVE

Pour couvrir l’ensemble des besoins du marché, du résidentiel aux stations de recharge rapide, la formation se décompose en trois niveaux. Chaque niveau correspond à un type d’installation et de compétence spécifique.

Niveau 1 (P1) – Pose de points de charge non communicants

Ce module de base est destiné aux électriciens souhaitant intervenir principalement en habitation individuel. Il couvre les types de bornes simples (wallbox) jusqu’à 22 kW, sans pilotage à distance. C’est la solution adaptée pour recharger tout véhicule rechargeable à domicile. Le programme aborde les fondamentaux : les modes de charge (1, 2, 3), les types de prises (Type 2, Type E…), les schémas de liaison à la terre (régime de neutre) et les protections électriques spécifiques requises par la norme NF C 15-100 (différentiels Type B ou A, disjoncteurs). L’objectif principal est de sécuriser l’installation et de maîtriser toutes les données techniques.

Niveau 2 (P2) – Mise en service de bornes communicantes et supervision

C’est le niveau le plus demandé par les professionnels aujourd’hui. Il permet de poser des systèmes dits « intelligents » (jusqu’à 22 kW AC) capables de communiquer via le protocole OCPP (Open Charge Point Protocol) et d’être supervisés à distance.

Ce niveau est requis pour intervenir en copropriété, en entreprise ou pour des bornes accessibles au public (voirie publique). La formation P2 approfondit la configuration spécifique réseau de la borne (Ethernet, 4G, Wi-Fi) et sa connexion à un serveur de supervision. Cette supervision est nécessaire pour gérer les accès (badges RFID), facturer l’énergie consommée et optimiser le temps de recharge via le pilotage énergétique (délestage dynamique pour ne pas dépasser la puissance kVA souscrite du bâtiment).

Niveau 3 (P3) – Infrastructures de recharge rapide (DC)

Ce niveau « expert » concerne les installations à haute puissance (supérieures à 22 kW), fonctionnant en courant continu (DC). Il est destiné aux projets d’envergure comme les stations-service, les aires d’autoroute et les hubs de recharge rapide urbains.

Le technicien y apprend à gérer des puissances très élevées (50 kW, 150 kW voire plus), ce qui nécessite souvent des raccordements HTA (Haute Tension A) et des postes de transformation dédiés. Les contraintes de sûreté et de refroidissement (câbles liquides) sont ici essentielles.

Une fois les compétences techniques acquises par vos équipes, la distinction doit être faite entre la formation du personnel et la qualification de la structure.

Devenir installateur IRVE : Comment obtenir la qualification ?

Comment obtenir la qualification IRVE ?

La « qualification » est une reconnaissance tierce partie délivrée à la société d’électricité, et non à l’individu seul. C’est la structure qui est qualifiée « mention dédiée », sur la base des compétences de son personnel formé. Voici les étapes :

1 – Suivre la formation : un ou plusieurs électriciens de la société doivent suivre une formation installateur dans un centre ou organisme agréé correspondant au niveau visé (P1, P2 ou P3). L’apprenant suit des cours intensifs pour assimiler le contenu pédagogique. Un certificat de formation est délivré après réussite de l’examen.

2 – Monter le dossier : la structure doit soumettre une demande de qualification auprès d’un bureau certificateur partenaire. En France, les principaux sont Qualit’ENR, Qualifelec et AFNOR Certification.

Une fois qualifiée, l’entreprise peut s’inscrire sur le registre des professionnels RGE si applicable.

3 – Audit et Validation : l’organisme vérifie la présence d’un référent technique aux compétences validées, les moyens humains et le domaine d’intervention, ainsi que les documents administratifs de l’entreprise (Extrait Kbis, assurances décennale et responsabilité civile professionnelle mentionnant explicitement l’activité IRVE).

4 – Probatoire vs définitive : lors de la première demande, la société obtient souvent une qualification « probatoire » (valable 2 ans). Pour la transformer en qualification « définitive » (valable 4 ans), vous devrez fournir des preuves concrètes de réalisation : 2 références de chantiers datant de moins de 4 ans, accompagnées de leur note de calcul et validées par un rapport de bureau de contrôle sans réserve.

L’obtention du titre ne dépend pas uniquement de la formation, mais aussi de la structuration de votre activité.

Quelles sont les conditions d’obtention de la qualification IRVE ?

Pour obtenir et conserver la mention, l’entreprise doit réunir :

  • Un référent technique formé : Avoir validé un stage agréé (P1, P2 ou P3) de moins de 4 ans.
  • L’outillage adapté : Disposer du matériel classique (VAT…) et spécifique (contrôleur d’installations, adaptateur de test) pour vérifier les bornes.
  • Une assurance décennale : Mentionnant explicitement l’activité d’installation de bornes de recharge.
  • La conformité normative : Respecter scrupuleusement les normes en vigueur (NF C 15-100) et les guides UTE.

Au-delà de ces prérequis administratifs et matériels, le cœur du dispositif reste la montée en compétence technique visée par le stage.

Programme et déroulement du stage de formation

Pictogramme d'un formateur présentant le programme de formation IRVE

Une formation IRVE complète associe théorie et pratique pour garantirque les stagiaires soient immédiatement opérationnels. Elle permet d’acquérir les méthodes pour calculer un bilan de puissance, dimensionner les protections (spécifiques au courant continu et harmoniques) et rédiger les dossiers techniques (schéma électrique pour borne de recharge, fiche d’autocontrôle) exigés par les organismes.

Le cursus alterne enseignements et mises en situation pratiques. Il évolue en fonction de la puissance. La durée est de 1 jour pour le niveau 1, 2 jours pour le niveau 2, et 2 jours pour le niveau 3.

Partie théorique : Les stagiaires étudient le contexte réglementaire, les architectures de distribution électrique (colonne horizontale/verticale), les protocoles de communication et les règles de calcul de dimensionnement des câbles et protections.

Partie pratique : c’est le cœur de l’apprentissage, c’est là que les participants manipulent de véritables équipements. Ils réalisent le câblage, la protection en tableau, le paramétrage de l’appareil (exemple : réglage des seuils de courant) et les tests de fonctionnement complets avec des adaptateurs de test.

Les protocoles EV Ready et la certification ZE Ready (spécifiques à Renault) sont également abordés pour garantir une compatibilité universelle.

À la fin de la session, une évaluation (QCM) valide la bonne acquisition des compétences pour délivrer l’attestation de réussite nécessaire au dossier de qualification.

Devenir installateur qualifié permet de répondre à un besoin croissant avec une offre commerciale pertinente. Avec l’augmentation du parc de véhicules hybrides et électriques, la demande pour des professionnels capables de poser un point de recharge à domicile ou en entreprise progresse.

Zoom sur le Consuel : Obligations et Attestations

Pictogramme d'attestation de conformité CONSUEL IRVE

L’attestation de conformité visée par le CONSUEL (Comité National pour la Sécurité des Usagers de l’Électricité) est une étape cruciale qui suscite souvent des interrogations. C’est le Décret n° 2021-546 du 4 mai 2021 (modifiant le code de l’énergie) qui fixe le cadre réglementaire actuel. Voici la règle précise pour ne plus hésiter :

  • En résidentiel individuel : L’attestation n’est pas systématiquement obligatoire si vous intervenez sur une installation existante (puissance de raccordement < 36 kVA) sans création de nouveau point de livraison ni modification de la puissance souscrite au-delà de ce seuil. Toutefois, elle reste fortement recommandée pour garantir la sécurité et attester de la conformité de vos travaux.
  • En résidentiel collectif (Copropriété) : L’attestation est toujours obligatoire, qu’il s’agisse d’une installation individuelle ou collective, et ce, quelle que soit la puissance de la borne.
  • Pour les puissances > 36 kVA : Elle est obligatoire dans tous les cas (entreprises, voirie, ERP).

Quelle couleur d’attestation choisir ?

Le choix du formulaire dépend de la nature des locaux :

  • Attestation Jaune : pour les installations à usage domestique (logement, dépendance).
  • Attestation Verte : pour les installations situées dans des sites soumis à une réglementation particulière (ERP, code du travail) ou sur la voie publique.

FAQ – Qualification et métier d’installateur

Quelle est la durée de validité ?

La qualification de la société est valable 4 ans (avec un audit annuel ou bisannuel selon le certificateur). Pour la maintenir, le référent technique doit avoir suivi un cursus initial ou un stage de recyclage datant de moins de 4 ans. Il est donc nécessaire de prévoir une mise à jour des compétences régulière.

Quels sont les risques d’une installation sans qualification ?

Intervenir sans qualification sur une borne supérieure à 3,7 kW vous expose à de lourdes conséquences. En cas de sinistre, votre assurance décennale ne couvrira pas les dommages. De plus, votre client perdra le bénéfice de toute demande de prime (Advenir, crédit d’impôt) et la garantie fabricant du matériel sera caduque.

Quel organisme choisir pour sa qualification ?

Les 3 principaux organismes accrédités en France pour délivrer la mention sont Qualit’ENR, Qualifelec et AFNOR Certification. Le choix dépend souvent des autres qualifications déjà détenues par la structure.

Un auto-entrepreneur peut-il obtenir la qualification IRVE ?

Oui, le statut juridique de l’entreprise n’a aucune incidence. Que vous soyez artisan en nom propre, en SASU ou auto-entrepreneur, vous pouvez être qualifié à condition de respecter les mêmes critères : être électricien diplômé, posséder l’assurance décennale adaptée et le matériel de vérification requis.

Quels documents sont nécessaires pour devenir installateur ?

Pour obtenir la qualification, vous devrez fournir un dossier comprenant :

  • L’extrait Kbis de l’entreprise.
  • Les attestations de formation (P1, P2 ou P3) de moins de 4 ans.
  • Un justificatif d’identité et les diplômes d’électricité (CAP/BEP/Bac Pro).
  • L’attestation d’assurance décennale et RC Pro couvrant l’activité IRVE.
Quel est le délai pour obtenir la qualification IRVE ?

Entre les délais d’inscription en formation et le traitement administratif de votre dossier par l’organisme (Qualifelec ou AFNOR), il s’écoule souvent 2 à 3 mois. Anticipez vos démarches avant de promettre une installation à un client, car vous ne pourrez pas délivrer l’attestation avant l’obtention officielle du sésame

Puis-je sous-traiter l’installation à un non-qualifié ?

Non, c’est formellement interdit. La règle est simple : toute la chaîne doit être qualifiée. L’entreprise qui vend la borne et facture le client doit avoir la qualification, tout comme l’entreprise qui tire les câbles et raccorde. Sous-traiter à un électricien non-IRVE rend l’installation non conforme aux yeux de l’État et des assurances.